Corinne Dupeyrat, Communication intuitive
Romain Brasseau, direction de projet
Lorraine Bourcier-Laurant, communication externe
Association EVI’DENCE :
Aurélie Baumlin, médiation animale
Patricia Arnoux, supervision
Enfants polyhandicapés non verbaux
Institut Médico-Educatif, Alsace, France
Pilote : Avril-Décembre 2022 – 1er groupe de 4 enfants
Phase 2 : Avril-Décembre 2023 : 2ème groupe de 4 enfants
Santé psychique des enfants – Handicap – Enfants polyhandicapés – Accompagnement des aidants – Coopération humain-animal
Corinne Dupeyrat, Communication intuitive
Romain Brasseau, direction de projet
Lorraine Bourcier-Laurant, communication externe
Association EVI’DENCE :
Aurélie Baumlin, médiation animale
Patricia Arnoux, supervision
Enfants polyhandicapés non verbaux
Institut Médico-Educatif, Alsace, France
Pilote : Avril-Décembre 2022 – 1er groupe de 4 enfants
Phase 2 : Avril-Décembre 2023 : 2ème groupe de 4 enfants
Santé psychique des enfants – Handicap – Enfants polyhandicapés – Accompagnement des aidants – Coopération humain-animal
En raison d’un handicap cognitif ou d’une maladie dégénérative, certains enfants polyhandicapés sont privés de langage verbal ou des modes de communication usuels.
Nous explorons une voie inédite qui conjugue médiation animale et communication intuitive, avec trois objectifs :
Nous avons mené un projet pilote dans un Institut Médico-Educatif (IME) de la région du Haut-Rhin avec un groupe de quatre enfants d’avril à décembre 2022.
Les effets positifs observés par les parents ont amené la direction de l’IME à vouloir poursuivre les séances avec le premier groupe d’enfants et à étendre l’action à un deuxième groupe en 2023.
L’année 2024 est consacrée à modéliser les méthodologies mises en oeuvre pendant les deux années du pilote et à en tirer un guide méthodologique pour permettre à d’autres IME et institutions de mettre en place ce type d’action.
L’hétérogénéité des symptômes cliniques rencontrés chez les enfants polyhandicapés rend leur accompagnement souvent difficile car ils présentent une absence de communication verbale et sociale.
L’ONISEP définit le polyhandicap comme : “un handicap grave à expressions multiples associant toujours une déficience motrice et une déficience intellectuelle sévère ou profonde, entraînant une restriction extrême de l’autonomie et des possibilités de perception, d’expression et de relation ».
Parmi les approches pour accompagner ces enfants handicapés, la médiation animale constitue une aide précieuse et reconnue. Cependant, elle ne permet pas d’identifier précisément les besoins et désirs de ces enfants. De plus, un questionnement éthique émerge actuellement sur le bien-être et “l’utilisation” des animaux médiateurs.
Il nous apparaît donc important d’explorer une voie nouvelle permettant d’échanger avec ces enfants et avec les animaux médiateurs des informations subtiles que nous ne captons pas avec nos sens habituels.
La médiation animale, parfois appelée zoothérapie, est une méthode d’intervention basée sur le lien que l’animal et l’humain peuvent développer.
L’animal étant un facilitateur relationnel grâce à sa capacité à stimuler et à mettre en confiance l’humain, la médiation animale permet à un enfant handicapé de :
Cependant, la médiation animale rencontre certaines limites :
La communication intuitive Inter-espèces (CII) fait aujourd’hui l’objet de recherches transdisciplinaires internationales. Elle est actuellement définie comme suit par Barrett et al. (2021)*:
“La CII se manifeste (c’est-à-dire est vécue) comme une forme de communication détaillée, non verbale et non physique entre les êtres humains et les autres animaux. Faisant appel à une diversité de capacités intuitives, la CII comprend l’échange mutuel de sensations viscérales, d’émotions, d’impressions mentales et de pensées, de sensations corporelles de toucher, d’odorat, de goût, de son, ainsi que de visuels dans l’œil de l’esprit. Si ces échanges peuvent avoir lieu à proximité physique directe de l’animal, ils peuvent également se produire sur de grandes distances, sans qu’il soit nécessaire de recourir à des indices visuels, auditifs, olfactifs, vocaux ou autres que les humains associent normalement à une communication interactive directe.”
Trois objectifs :
En “donnant la parole” aux animaux, nous pouvons :
En “donnant la parole” à ces enfants non verbaux, nous pouvons :
*Le mot sentience entre dans le Larousse 2020, La Fondation Droit Animal
Les communicatrices intuitivees communiquent d’une part avec les animaux médiateurs et d’autre part avec ces enfants. Le protocole donne une large place aux parents et au monitoring des effets observés sur toutes les parties prenantes concernéss.
Le processus se déroule de la manière suivante :
1° La médiatrice animalière anime des séances de médiation avec les enfants et leurs parents tous les 15 jours.
2° Elle prépare les questions que la communicatrice aura à poser aux animaux et aux enfants pour pouvoir ajuster ses actions auprès des enfants lors des séances suivantes.
3° La communicatrice réalise des communications intuitives avec les animaux dont elle reçoit des informations.
4° Elle retranscrit les informations reçues et les transmet à la médiatrice animale
5° Lors de la séance suivante, la médiatrice adapte les activités avec les animaux médiateurs en fonction des informations transmises par la communicatrice.
6° La médiatrice partage ces informations aux parents durant la séance suivante de médiation animale
Les informations reçues par la communicatrice peuvent être :
– soit connues des parents, ce qui leur confirme et renforce les points positifs de leur relation,
– soit non connues des parents, ce qui leur permet d’ajuster leurs interactions et activités avec leur enfant.
Ce projet pilote à permis d’apporter aux parents des éclairages nouveaux sur ce que ressentent et désirent leur enfant.
Au travers des informations reçues par la communicatrice intuitive auprès des animaux et des enfants, les parents ont vécu un processus transformatif :
Ce processus a permis aux parents de :
Au vu des résultats tangibles observés, la direction de l’IME et les parents ont souhaité poursuivre ce projet en 2023. Un deuxième groupe d’enfants a intégré le projet.
A partir de 2024 ce projet pourra être proposé à d’autres IME, à d’autres établissements spécialisés ou à d’autres publics telles que les personnes atteintes d’Alzheimer.
Nous souhaitons que ce projet soit porteur d’espoir pour toutes les personnes non verbales. Développer notre capacité à communiquer intuitivement avec ces personnes permettrait alors de prendre en compte leur point de vue dans les décisions que nous prenons pour eux.